Histoire de Villers-Lez-Heest

  1. La géographie.
    La situation, la graphie et l'étymologie : Commune de la province de Namur, mairie de Namur, situé à l'Ouest de la grand-route de Namur à Louvain; à 9 km de Namur, à 10,5 km d'Eghezée, à 1,5 km de Warisoulx, à 5 km de Rhisnes et de Meux. Arrondissement administratif et judiciaire de Namur; canton de justice de paix d'Eghezée. Evêché de Namur. Villers-lez-Heest, Villers (de Villa) Heest, Le Haist, fin XIVe S. Le Hestre, Le Heestre, Le Heest. Vient évidemment de quelque hêtre remarquable. Haistria et Haistriaux signifient: hêtre, d'après Ducange. On devrait dire "Villers-le-Heest", car l'orthographe actuelle, n'a commencé de prévaloir qu'au milieu du XVIIIe S. Dans une chartre de St-Pierre-au-Château, il est écrit: "Villeir-le-Heest". Le Heest est l'orthographe généralement usitée dans le registre de la cour du lieu.
    La superficie, les limites et les lieux-dits : La commune de Villers-lez-Heest possédait une superficie de 417 hectares. Hameau de Warisoulx jusqu'en 1887. Villers-lez-Heest est une commune de création récente: 15 juin 1887. Elle était limitée au nord par la commune de Meux; à l'est par les communes de Warisoulx et Dhuy; au sud et à l'ouest par Emines. Parmi les lieux-dits, citons: Les Laderies, La Campagne du moulin, Sous-le-Bois, Herlenvaux, Bois de Coria, Trehet et Ostin.
    L'hydrographie :Le Linfagne arrose le territoire de l'est à l'ouest et se dirige vers Emines où il se jette dans le Hoyoux.
    La pédologie :Le terrain est inégal, le sol argileux. Commune exclusivement agricole, on y cultive surtout le froment, l'avoine et la betterave sucrière.
    Le paysage agricole :Il y a quatre grandes fermes importantes: la ferme d'Ostin, la ferme de l'Hôpital, la petite Trehet, la grande Trehet qui comptent chacune près de 100 ha. On trouve aussi de nombreuses petites exploitations agricoles; 96 en 1885, 102 en 1929 et 1950, 101 en 1959, 7 en 1990. En 1885, 214 personnes sont occupées dans l'agriculture, 133 en 1929, 63 en 1950.
    La population : En 1664, il y avait à Villers trois censes et 13 maisons de manouvriers. En 1779, il y a 19 chefs de famille. En 1784, 99 habitants; En 1801, 148 habitants; En 1846, 429 habitants; En 1910, 447 habitants; En 1961, 387 habitants; En 1976, 424 habitants, En 1985, 475 habitants et En 2008 437 habitants;
  2. L'Histoire.
    Moyen-Age et Temps Modernes : Située dans la mairie de Namur, la seigneurie tréfoncière de Villers était cependant un fief relevant de l'évêque de Liège. Son plus ancien possesseur connu fut Jehan HAZART, de Dinant, et son fils Jehanin en fit relief en 1390 (1). En 1537, les descendants de Jehan HAZART sont toujours titulaires du fief et affirment: "que le château et la cense sont tenus en fief, de l'évêque de Liège". Ils le gardèrent jusqu'en 1671, époque où Nicolas Chauveau fut institué seigneur foncier de Villers, par déclaration du mayeur et des échevins de la cour tréfoncière. En 1679, Jean François de ZUALART devient possesseur de la cour féodale et de la seigneurie tréfoncière de Villers par son mariage avec la petite fille de Nicolas CHAUVEAU. En 1728, la seigneurie fut achetée par les Cuvelier. En 1731, ceux-ci achetèrent également la seigneurie hautaine qui avait été vendue, en 1688, par le Roi à Servais Nicolas de Heusche seigneur hautain d'Emines. En 1794, Nicolas de Cuvelier fit don à son neveu, Edouard, des terres et seigneuries de Villers et Warisoulx, mais presqu'aussitôt la révolution française abolissait le régime féodal. Villers possédait donc une cour féodale et une seigneurie tréfoncière relevant de la principauté de Liège, et une seigneurie hautaine de la mairie de Namur, relevant du Comté de Namur. Sur Ostin, existait autrefois une métairie appartenant à l'abbaye de Villers. Auprès, se trouvait une forêt, qui était un franc-alleu, qui fut cédé en 1231, par Henri, comte de Namur, aux religieux de l'abbaye de Villers en échange de terres. Saint-Bernard y aurait séjourné, tandis que le pape qu'il accompagnait, et que l'on désigne comme Eugène III, se trouvait au château de Dhuy, dont il aurait même consacré la chapelle, vers 1147. La terre d'Ostin, avec celle de la Haute-Matignée fut achetée aux religieux de Villers, le 22 septembre 1584, par le sieur Jehan Marotte seigneur d'Yergnées, pour la somme de 8.300 fl., à la suite d'une condamnation volontaire devant le grand conseil de Malines. Il y eut au début du 18e siècle, à Ostin, une école d'agriculture qui donna l'impulsion définitive aux travaux de drainage dans la province de Namur. Une brasserie existait également à Ostin.
    Epoque comtemporaine :
    La guerre 1914 - 1918 : L'opinion des officiers belges étant que Villers devait être anéanti en raison de sa proximité du fort d'Emines, tous les habitants se réfugièrent derrière les forts, qu'on disait imprenables! A part le corps de logis de la ferme d'Ostin, et une maison du centre du village incendiées par des obus tirés par le fort d'Emines sur ces immeubles, que les Belges croyaient occupés par les Allemands, la population de Villers en fut quitte pour la peur. Il y eu 54 déportés en Allemagne le 16 novembre 1916.
    La guerre 1940 - 1945: A la veille de la grande tourmente, ce village situé à cheval sur la route Namur-Perwez, à quelques 9 km de Namur comptait ± 410 habitants. Des éléments d'artillerie venant du Pays de Liège y furent mobilisés. Un grand cantonnement situé près de l'actuelle ferme Gendebien abritait une partie des hommes; les autres étaient hébergés chez l'habitant. L'hiver 39-40 fut particulièrement rude et neigeux et les déplacements très difficiles. Le moral des troupes n'était pas au zénith avec une solde de 1 fr. par jour. Vendredi 10 mai 1940, jour de l'invasion, dès avant 6 h. du matin, l'unité est mise en état d'alerte et quitte le village. Une auto-mitrailleuse belge, postée sur la route de Trehet, parachève la destruction d'un avion allemand qui atterit près de la ferme Matignée. Dès midi, les premiers chars français, follement acclamés, passaient sur la chaussée Auvelais-Eghezée s'en allant vers la Hesbaye. On se croyait fort! Le samedi 11, dès avant midi, les premiers réfugiés de la région liégeoise traversent le village et malgré les nouvelles plutôt rassurantes on commence à douter. Le dimanche 12, c'est la panique. Une quarantaine de jeunes gens, agés de 17 à 35 ans, répondent à l'appel du gouvernement et quittent le pays en direction d'Ypres. Ce même jour, très tôt le matin, un régiment d'artillerie descendant du front, s'abrite dans le parc du château. Deux bombes sont lachées par un bombardier allemand et un soldat belge est mortellement blessé à l'entrée du chemin du château. Le lundi et le mardi voient le village se vider. Ceux qui ne peuvent prendre le chemin de l'exil, sont acceuillis dans les caves du château du Baron Herman de Pitteurs. L'artillerie du fort de Suarlée arrose la route Namur-perwez où aucun mouvement de troupes allemandes ne se produit à ce moment. Je tiens à signaler ici le dévouement du curé de l'époque le regretté Benoît Butaye, qui dans les bombardements, va de maison en maison et finalement parviendra à prévenir les défenseurs du fort de l'absence de l'ennemi. Quelques tirs de chars de-ci de-là et c'est fini. L'armée allemande ne s'installera que bien plus tard dans la localité; en l'occurence une section de phares anti-aériens est placée au hameau de la Pommelée Vache, chez Adelin Dancot. Signalons en passant qu'à la capitulation de l'armée belge, 17 de nos concitoyens prirent le chemin des camps de prisonniers. Saluons la mémoire du soldat Victor Hubert, disparu à Boulogne sur mer et celle de Mme Vve François Colot et de sa soeur Juliette, tuées près d'Avesnes lors de l'exode. Le retour des réfugiés et des militaires qui avaient échappés à la captivité, ramène une activité plus normale. Un "Ordre nouveau" s'installa avec ses privations, ses menaces, ses déportations, ses réquisitions et chacun se terrait chez soi en espérant des jours meilleurs. Les nouvelles étaient à sens unique, l'occupant nous abreuvait de sa propagande infernale. Seule, la radio de Londres, que l'on écoutait au péril de sa vie, nous apportait quelque espoir. A partir de fin 1942, les besoins humains de l'Allemagne étaient devenus impératifs. Il fallait remplacer dans les usines allemandes, les mobilisés. Plusieurs jeunes gens furent astreints au travail obligatoire, d'autres prirent le maquis. Signalons la déportation dans le courant de 1941, du comte Gérard d'Ursel gendre du baron de Pitteurs, père de cinq enfants, il devait mourir au camp de Belsen peu avant l'arrivée des alliés. La résistance passive s'organisa à Villers et en 1943, un réseau d'émission et de réception de l'Armée Secrète, fut installée chez Mr et Mme Frisque à la ferme du château et chez Mr Clérin au château d'Ostin. Le 18 août 1944, l'ennemi investi le village et arrête Mme Frisque dont le mari et le beau-frère ont réussi à s'échapper et surprend au château d'Ostin l'Etat-Major de l'Armée Secrète composé de 9 hommes ainsi que leur hôte. Seule Mme Frisque rejoindra le village à la libération avec une santé fortement ébranlée. Les premiers jours de septembre 1944, vient le défilé des débris de l'armée allemande et la libération du village. Il faudra attendre mai, juin et juillet 1945, pour acceuillir les prisonniers libérés. Un souvenir me revient, le 5 septembre 1945, une forteresse volante américaine, en difficulté au retour d'une mission sur l'Allemagne, atterrira près de la drève du château d'Ostin. Ce géant de l'époque, verra défiler des dizaines de milliers de curieux en quête d'un souvenir. quelle était la vie quotidienne sous la botte nazie ? Celle-ci était très difficile car il y avait pénurie dans tous les secteurs. Il fallait se battre pour trouver le grain et les graisses que le ravitaillement n'apportait pas. La ration de pains est tombée un moment à 175 grammes par jour et celle de beurre à 125 grammes par mois. Les bonnes chaussures, le linge, les habits étaient introuvables ou à des prix impossibles au marché noir. Le café au noir se traitait à ± 2000 frs le kilo. Les agriculteurs étaient les grands bénéficiaires de la situation malgré les tracasseries administratives et les réquisitions. Le charbon pour le citer était sévèrement rationné. Les produits à base de caoutchouc introuvables. La circulation automobile quasi nulle car l'essence était délivrée au compte gouttes à quelques prioritaires. Les enfants ne connurent les fruits exotiques et les friandises qu'avec la libération. Les malheureux habitants des villes sollicitaient en masse les campagnards. Seuls ceux qui disposaient d'argent pouvaient trouver un complément au rationnement mais beaucoup d'habitants souffrirent de la faim.
  3. L'art.
    L'ancienne chapelle de Villers. La chapelle de Villers dépendait de la paroisse d'Emines. La dîme appartenait au chapitre de Saint-Aubain à Namur. En 1754, la grosse dîme fut affermée pour 140 fl.; et en 1773, pour 201 fl., outre un muid de blé au marguillier d'Emines. A l'extrémité du verger qui joint la chapelle jaillit la fontaine St-Georges, à laquelle les parents viennent demander la guérison de leurs enfants souffrants des suites de la croûte de lait. Cette maladie, désignée par le peuple sous le nom de mal St-Georges disparait, dit-on à l'aide d'ablutions dans les eaux limpides de la source. C'était jadis un pélerinage fort fréquenté, et que l'on terminait en faisant dévotement trois fois le tour de la chapelle. L'église. Comme l'ancienne chapelle qu'elle a remplacé, elle est sous le vocable de St-Georges. Construite en dehors de l'agglomération et près du château, édifice à 3 nefs, en style ogival construit en 1891 en grès et calcaire. Type rare dans le pays, inspiré de l'architecture anglaise, avec tour crénelée caractéristique. Contre le choeur, chapelle carrée désaffectée, en moellons de grès avec porte à linteau droit datée à la clé de 1786, sous une fleur. Porte bouchée par une dalle funéraire des Cuvelier, anciens seigneurs de l'endroit; celle-ci armoriée. Pierre tombale de Colart Michar (1387), bienfaiteur du grand hôpital de Namur. Statuette en bois sculpté de St-Georges (17e S.), Dieu de Pitié (16e S.) St-Hubert et St-Roch (18e S.), bénitier à 4 têtes en calcaire (16e S.). Le presbytère. Construit dans la seconde moitié du 18e siècle et au début du 19e. Grosse maison de style classique, en brique et pierre bleue sur soubassement de calcaire. Double corps de deux niveaux et cinq travées en façade principale. Fenêtres bombées à queue de pierre à mi-hauteur des piedroits pour les trois travées de la partie ouest, la plus ancienne. Porte à même linteau et travers incurvée, ornée d'une fleur. Pignon ouest à épis. Les chapelles, les monuments. Potale de carrefour du 18e S. Bloc de calcaire en forme de bâtière, creusé d'une niche cintrée. Socle gravé "St-Donat". Au coin de la rue de Trehet, calvaire, croix sur socle de pierre armorié daté de 1930. A l'entrée de la drêve du château d'Ostin, stèle avec épitaphe, rappelant les arrestations du 17 août 1944. Au fond du parc, le long de la rue du Trehet, deux intéressants piloris de justice en pierre bleue, aux armes Cuvelier, qui se trouvait sur la place du village, et de Gavere provenant d'Aiseau. Les fermes. Près du château, coquette habitation, était autrefois le fief dit de la "Petite Trehet", dépendant de la cour féodale de Villers. Ensemble clôturé en brique et pierre bleue, qui s'organise autour d'une cour pavée. A l'ouest , grange en large assez trapue dotée de deux portails en plein cintre à clé, sur piédroits chainés. Entrée sur cour datée à la clé de "17.08". Pignons à épis et oculi. En face de l'entrée, longues écuries percées de cinq lourdes portes échancrées à clé saillante, sur piédroits à queues de pierre, celle de gauche datée à la clé de 1731. Plus loin, cense de la "Grande Trehet", propriété au 18e S.; de Michel Zoude, maître de forges et échevin de Namur, des Nasseau-Corroy, Cuvelier et Drion. Quadrilatère du milieu du 18e S., transformé dans les volumes et les percements, aménagé en résidence. Ala place du fournil, tour de brique récente. La ferme d'Ostin, cense établie sur une terre vendue par l'abbaye de Villers en 1584. Jouxtant le château, ensemble disparate de bâtiments en brique chaulée, éparpillées aux abords d'une cour irrégulière où les destructions ont épargné une importante grange en large sur soubassements de moellons. Partie de la ferme, étables blanchies de la Ière moitié du 19e S., d'allure néoclassique. Façades animées d'arcades surbaissées sur pilastres, hormis l'extrémité qui est du I8e et ouverte par trois portes en plein cintre à clé sur montants à queues de pierre, encadrées de baies à linteau droits. La ferme de l'Hôpital, ou hôpital N.D. comme on disait aussi autrefois parce qu'elle appartenait au Grand Hôpital de Namur auquel elle fut léguée au I4e S. par Colar Michar. La famille de Jallet la possédait au I7e S. Catherine Jallet veuve de N. Bidart en fit cession à son frère Pierre. Puis cette ferme vint par l'héritage à M. Vanderlaen, seigneur de Lassus. Enfin en 1774, elle fut achetée par la famille Cuvelier. Quadrilatère homogène sans doute construit en 1661. Millésime figurant sur l'ancien portail d'entrée, inséré dans la grange. Arc surbaissé d'esprit baroque, frappé de claveaux saillants alternés et d'une clé portant la date et un blason martelé. Dans la grange en long, côté cour, porte d'origine à linteau droits sur montants à queues de pierre et grande porte du XXe S. Le logis à double corps et deux niveaux. Grosses voussettes sur sommiers posé d'angle. Dans le voisinage de la ferme de l'Hôpital, est une terre appelée la Maladerie, qui tire probablement son nom de l'ancienne Maladerie d'Emines. Non loin de là, un terrain (joindant à chemin de Namur dou cousteit d'aval, et d'amont à St-George de Villeir) s'appelait dès la fin du I4e S. à Vies Forches ou à Viel forche. Ce nom aujourd'hui perdu, était-il dû à l'existence d'une simple forge de maréchal ou bien à de véritables forges placées jadis à cet endroit ? Il est a remarquer toutefois qu'on a retrouvé dans l'ancien bois de Coria, entre le moulin de Villers et Warisoulx, de nombreuses scories de fer connues dans le pays sous le nom de "Crayats des Sarrazins". Beaucoup de maisons de Warisoulx possédaient aussi naguère encore dans leurs cheminées de très grands âtres en fonte que l'on pourrait supposer avoir été fondus sur les lieux tant leur confection étaient grossières. Les châteaux. Le château d'Ostin, situé au fond d'un parc, construit en brique et pierre calcaire par la famille Marotte. Porche d'entrée à deux niveaux, dont le portail en plein cintre, à clé et montants harpés, est surmonté d'un frontispice bordé de guirlandes feuillagées et frappé d'un cartouche de style Louis XIV au millésime de 1714. De part et d'autre du porche, écuries ou remises en brique et pierre bleue. Château en L, de 2 niveaux et 8 travées avec avancée dans l'angle, sur soubassement biseauté, camouflé par un cimentage. Du côté de la ferme, façade en brique sur soubassement de moellons de calcaire et de grès ± 1714. Dépendances en brique blanchie édifiées au XIXe S. Le château situé chaussée de Perwez, ensemble classique en pierre bleue, sur base de calcaire appareillé essentiellement de la Ière moitié du 18e siècle, dont la façade principale regarde une cour d'honneur bordée de longues dépendances. Dans l'axe, chemin d'accès encadré de deux pièces d'eau et limité par des pilastres classiques, ceux de l'entrée à rue portent deux griffons tenant des blasons. Nombreuses et belles girouettes. Le bâtiment principal à double corps et deux niveaux renforcés de chaînages harpés, éclairé par cinq travées de fenêtres à linteau droit. Travée centrale accusée par des pilastres à refends, en brique cimentée. Porte moulurée d'esprit Régence, à linteau droit, traverse incurvée axée par une coquille et baie d'imposte à petits bois chantournés. Entrée cantonnée de deux sphynx en pierre bleue. Au sud et en contre-haut du château, potager bordé d'un mur au pied duquel existait une source.
  4. L'enseignement.
    Le canton d'Eghezée ayant une faible population presque exclusivement employée aux travaux agricoles, ne possède que des écoles primaires; en dehors des écoles primaires officielles que possède chaque commune (école mixte dans les communes à faible population). Il existe dans un bon nombre de communes, des écoles primaires adoptées ou libres, pour filles, auquelles sont annexées la plupart du temps des écoles gardiennes. Ces écoles sont tenues par des religieuses de diverses congrégations. Avant la révolution française, on ne trouve traces de l'enseignement primaire que dans de rares endroits. Le marguillier-chantre cumulait souvent ses fonctions, avec celle de maître d'école. En 1809, dans un état des écoles primaires et autres petites écoles du département de Sambre et Meuse, Villers-lez-Heest est cité comme possédant une école.(*)
  5. Histoire par d'autres auteurs :
    Comté de Namur (mairie Namur) : province Namur, arrondissement Namur Commune de LA BRUYERE, paroisse Emines, dioc. Liège, Namur (1561) paroisse en 1889. Ancienne dépendance de Warisoulx, Villers-lez-Heest a été érigée en commune en 1887. Les nombreux vestiges de constructions gallo-romaines que l'on a retrouvés au lieu-dit Herlenvaux et dans le bois de Coria, ainsi que le nom de Villers = qui viendrait de villa = attestent une occupation de la localité dès l'époque romaine. Au XIIe s. le comte de Namur possède à Villers tous les droits seigneuriaux et toute la justice. La localité comptait parmi ses habitants des "bourgeois de Vedrin" ce qui permet de penser que Villers faisait alors partie de la franchise de Vedrin (1265). Pendant tout l'ancien Régime, la seigneurie foncière de Villers releva du prince-évêque de Liège; elle appartint, du XIVe au XVIIe s., à la famille Hazart. En 1671, Nicolas Chauveau fut institué seigneur foncier de Villers; peu après, la seigneurie passa aux Zualart, puis elle fut achetée par les Cuvelier, en 1728. En 1731, ceux-ci achetèrent également la seigneurie hautaine qui avait été concédée par le roi à Servais-Nicolas de Heusche, seigneur hautain d'Emines, en 1668. En 1794, l'héritier des Cuvelier, Edouard de Cuvelier, possède les seigneuries de Villers et de Warisoulx. Le château de Villers a été construit en 1738 par la famille de Cuvelier qui en reste propriétaire jusqu'au milieu du XIXe s. lorqu'il est racheté par les Pitteurs de Budingen. En 1269, une sentence arbitrale attribue la moitié de la grosse dîme de Villers au chapitre Notre-Dame de Namur et l'autre moitié au chapitre de Saint-Pierre au Château. Celle-ci passera au chapitre de Saint-Aubain lors de la suppression du chapitre de Saint-Pierre(1559). La menue dîme appartenait à la paroisse d'Emines dont dépendait la chapelle de Villers. Celle-ci fut érigée en paroisse en 1889 (dioc. de Namur). L'église, dédiée à Saint Georges, comme l'ancienne chapelle qu'elle remplace, a été construite en 1891, en dehors du village, à côté du château. L'ensemble formé par l'église, le château et les trois grandes fermes anciennes toutes proches a conservé au village sa structure d'Ancien Régime. La ferme de l'Hôpital, léguée au XIVe s. par Collar Michar au grand Hôpital de Namur, appartint au XVIIe s. à la famille de Jallet; elle fut rachetée en 1774 par les Cuvelier, seigneurs du lieu: les bâtiments actuels remontent à 1661. La ferme du Petit Trehet, du nom d'un ancien fief relevant de la cour foncière de Villers, fut vendue à Jean Baré en 1652; en 1771, les Cuvelier en deviennent propriétaires. Elle a conservé jusqu'aujourd'hui ses bâtiments de la première moitié du XVIIIe s. La ferme de la Grande Trehet, qui appartenait en 1651 à Lambert de Tréhet, eut à subir au XVIIe s. de nombreux dommages du fait des guerres: une plainte déposée par son propriétaire en 1656 fait état des destructions, vols de récoltes et de bétail de 1653 à 1656, lors des passages de troupes. Cette ferme devint en 1741 la propriété de M. Zoude, maître de forges et échevin de Namur. Les bâtiments actuels datent du milieu du XVIIIe s. A côté de ces trois grandes fermes qui comptent chacune près de 100 ha, on trouve de nombreuses petites exploitations agricoles: 96 en 1895, 102 en 1929 et en 1950, 101 en 1959. En 1895, 214 personnes sont occupées dans l'agriculture, 133 en 1929, 63 en 1950. En 1664, il y avait à Villers trois censes et 13 maisons de manouvriers. Habitants : 1784: 99 1801: 148 1846: 429 1910: 447 1961: 387 1976: 424