L’ORTIE

Les origines de la Confrérie de l'Ortie commencent comme tous contes pour enfànts (même les grands) par : " ... Il était une fois… " quelques Juprellois passionnés d'histoire qui franchissaient champs et talus à la recherche du parcours exact des communiers liégeois se rendant avec armes (et sans bagage) se faire tailler en pièces à la " bataille d'Othée " en 1408. Chemin faisant, on devise de-ci de-là, et notamment des orties qui abondent. Et c'est ainsi que naquit la Confrérie.

Louis Cambré, Ernst Heinen, Benoît Rasir, Alain Vanherf, José-Louis Thomsin et François Tromme en sont les fondateurs. La moitié habite Villers-St-Siméon.

En 1991, alors que la fête locale a complètement disparu, ces pionniers lancent " la fête de l'ortie ", ce qui revient à relancer la fête paroissiale. On y mange de la soupe, des saucisses et du fromage à l'ortie sans oublier la bière et le peket à l'ortie. Bref, de suite un succès!

A ces agapes s'ajoutent le championnat de Hesbaye des fumeurs de pipe (record 2 H 47' avec 3 gr. de tabac!), le concours des façades fleuries ou encore le tournoi de pétanque.

La Confrérie de l'Ortie a pour but de relancer la vie associative dans la commune de Juprelle (c'est une réussite à Villers-St-Siméon et à Paifre). Pour elle, " VIVRE A JUPRELLE " n 'est pas un slogan, mais une morale. De plus, elle veut mettre en valeur une plante tant décriée, mais chantée par Victor Hugo, L'ORTIE.

Notre concitoyen, le docteur Ernst Heinen a rédigé une plaquette " L'ortie, une plante de chez nous ". La " cuisine à l'Ortie " de José-Louis Thomsin, fit un tabac avec plus de quatre mille exemplaires envoyés aux quatre coins de l'Europe.

La Confrérie de l'Ortie met en valeur les diverses applications de cette plante méconnue : peket à l'ortie (35°), bière (7°), saucisse, boudin, fromage, tissu, …

L'Ortie est une plante vivace, coriace et tendre comme ses " grands piquants ", même si vous n'en voulez plus, ils (ou elles) sont là.

Renseignements :

José-Louis TOMSIN
136, Chaussée Brunehaut
4450 JUPRELLE
04.2787.34.29

Ernst HEINEN (Président)
Rue du Tige, 75
4453 Villers-St-Siméon
04.278.45.18

 

Tiré de : Plantes de chez nous : L’ORTIE, par E. HEINEN et publié par le groupe " Histoire et Environnement ".

Après lecture de cette petite information, j'espère que vous passerez aux actes et utiliserez l'ortie dans vos cuisines. C’est le premier pas qui est le plus difficile à franchir. Accommodez d'abord l'ortie comme vous le feriez pour l’épinard et ensuite improvisez un peu. Mépriser l’ortie sous prétexte qu’elle irrite la peau quand on s’y frotte est aussi illogique que le serait de renoncer à manger des oursins parce qu’ils sont garnis de piquants !

L'ortie, ainsi que d'autres légumes sauvages (pissenlit, alliaire, chélopode, etc…) contiennent énormément de vitamines et de sels minéraux. Certains arrivent très tôt en saison, bien avant les légumes du jardin. Ces premiers arrivés ont t'es qualités dépuratives et purifient le sang encrassé par les aliments lourds et gras que nous consommons durant l'hiver.

Même si de nos jours, on ne vit pas en contact étroit avec la nature, Si l'on ne dépend plus d'une façon absolue de ses ressources, il fut un temps où l'on devait mettre en valeur le moindre de ses avantages pour se nourrir et se soigner. Beaucoup de pratiques anciennes se sont déjà perdues, il est donc grand temps d'essayer de les noter pour les conserver ; de plus, ce regard vers l'arrière nous fera peut-être retrouver certaines préparations culinaires, phytothérapeutiques ou autres, intéressantes à appliquer.

Le nom de l'ortie est probablement dérivé du mot latin " urtica1 " qui vient du verbe " urere " signifiant brûler (allusion aux piqûres cuisantes causées par la plupart des espèces lorsqu'on les touche). En wallon, on l'appelle ourtéie (ôrtîe à Namur et ortile dans le Hainaut).

En Belgique, on rencontre surtout deux espèces d'orties : la grande et la petite.

Que peut-on faire d'une ortie ?

D'après B. et A. Saury, la grande ortie a sans doute été l'un des aliments essentiels des populations préhistoriques. Sa culture remonterait à l'âge de la pierre. Cette pratique aurait été transmise aux Egyptiens, aux Celtes et aux peuples nordiques car la graine donne une huile consommable et la tige des fils pour la toile.

Au premier siècle après Jésus-Christ, Discoride en vante les vertus diurétique, laxative et emménagogue. Un siècle plus tard, Galien insiste sur ses qualités nutritives.

Au XIIe s., Ste Hildegarde établit une différence entre la petite et la grande ortie et les préconise contre les angines, les maux de tête et les maux d'estomac.

Au XVIIe s., la grande ortie est conseillée contre les hémorragies et les hémophtysies. Puis au siècle dernier, l'ortie tombe un peu dans l'oubli. Pendant la guerre 14-18, les orties, préparées en potage ou en légumes, ont été appréciées comme apport alimentaire.

Dobreff en 1924 trouve dans l'ortie une sécrétine semblable à celle contenue dans l'épinard. En 1934, Crémer prouve que l'ortie a la même faculté que l'épinard d'enrichir l'organisme en fer. D'autres auteurs de notre siècle insistent sur l'action vasoconstrictive, cardiotonique et hypertensive de préparations à base d'orties.

L’ortie : un aliment

Depuis les temps préhistoriques, l'ortie a été appréciée comme aliment, elle l'est encore maintenant, notamment pour sa richesse en éléments minéraux. Plusieurs recettes sont encore connues de notre temps et utilisées par bien plus de gens que l'on ne le soupçonne.

Tout d'abord, on peut mastiquer les jeunes pousses sans risque. Bien sûr, auparavant il faut les laisser reposer pendant quelques heures après la cueillette, elles auront ainsi perdu leur pouvoir urticant. Si vous êtes pressé, ébouillantez-les, après cela vous ne risquez aucune piqûre.

Si l'on veut profiter en toute saison des orties, on peut les sécher, mais quelques précautions s'imposent pour cela : cueillir seulement de jeunes plants de moins 10 cm. de haut, par temps sec, ne pas les laver et les laisser sécher à l'ombre en les remuant de temps en temps.

Comme chez nous l'air est pollué, nous vous conseillons de rincer tout de même brièvement les orties avant de les sécher à l'abri du soleil et de la poussière. Si les feuilles conservent une teinte verte, la conservation est bonne, si elles sont brunes ou noires, jetez-les.

Evitez de cueillir les orties vieilles, en été ou en automne ; en effet, les feuilles accumulent des cristaux de silice (cystolithes) qui blessent le palais. Certains mettent sécher les orties nouées en bottes (pas trop grosses) puis les broient et les stockent dans des bocaux en verre ou dans des sachets de papier.

Recettes à base d’orties

 

 

 

Retourner à la page principale.


© Léon FRANSSEN

bot="Include" endspan i-checksum="1921"